Il ne faut que des yeux pour voir l’influence nécessaire de
l’âge sur la raison. L’âme suit les progrès du corps, comme ceux de
l’éducation. Dans le beau sexe, l’âme suit encore la délicatesse du
tempérament : de là cette tendresse, cette affection, ces sentiments vifs,
plutôt fondés sur la passion que sur la raison ; ces préjugés, ces
superstitions, dont la force peut à peine s’effacer, etc. L’homme au contraire,
dont le cerveau et les nerfs participent de la fermeté de tous les solides, a
l’esprit, ainsi que les traits du visage, plus nerveux : l'éducation, dont
manquent les femmes, ajoute encore de nouveaux degrés de force à son âme.
Avec de tels secours de la nature et de l'art, comment ne serait-il pas plus
reconnaissant, plus généreux, plus constant en amitié, plus ferme dans
l'adversité, etc. ? Mais, suivant à peu près la pensée de l'auteur des
Lettres sur les Physionomies : qui joint les grâces de l'esprit et du corps à
presque tous les sentiments du c
ur les plus tendres et les plus délicats, ne
doit point nous envier une double force, qui ne semble avoir été donnée à
l'homme, l'une, que pour se mieux pénétrer des attraits de la beauté, l'autre,
que pour mieux servir à ses plaisirs.
Knoppix User
2003-05-29