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Qui pensera ainsi sera sage, juste, tranquille sur son sort, et par conséquent heureux. Il attendra la mort sans la craindre ni la désirer ; et chérissant la vie, comprenant à peine comment le dégoût vient corrompre un c\oeur dans ce lieu plein de délices ; plein de respect pour la Nature plein de reconnaissance, d’attachement et de tendresse, à proportion du sentiment et des bien faits qu’il en a reçus, heureux enfin de la sentir et d’être au charmant spectacle de l’Univers, il ne la détruira certainement jamais dans soi ni dans les autres. Que dis-je ! plein d’humanité, il en aimera le caractère jusque dans ses ennemis. Jugez comme il traitera les autres. Il plaindra les vicieux, sans les haïr ; ce ne seront à ses yeux que des hommes contrefaits. Mais en faisant grâce aux défauts de la conformation de l’esprit et du corps, il n’en admirera pas moins leurs beautés et leurs vertus. Ceux que la Nature aura favorisés, lui paraîtront mériter plus d’égards que ceux qu’elle aura traités en marâtre. C’est ainsi qu’on a vu que les dons naturels, la source de tout ce qui s’acquiert, trouvent dans la bouche et le c\oeur du matérialiste des hommages que tout autre leur refuse injustement. Enfin le matérialiste con vaincu, quoi que murmure sa propre vanité, qu’il n’est qu’une machine, ou qu’un animal, ne mal traitera point ses semblables, trop instruit sur la nature de ces actions, dont l’inhumanité est toujours proportionnée au degré d’analogie prouvée ci-devant, et ne voulant pas en un mot, suivant la Loi naturelle donnée à tous les animaux, faire à autrui, ce qu’il ne voudrait pas qu’il lui fît.
Knoppix User 2003-05-29