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Ne disons point que toute machine, ou tout animal, périt tout à fait, ou prend une autre forme après la mort ; car nous n’en savons absolument rien. Mais assurer qu’une machine immortelle est une chimère ou un être de raison, c’est faire un raisonnement aussi absurde que celui que feraient des chenilles qui, voyant les dépouilles de leurs semblables, déploreraient amèrement le sort de leur espèce qui leur semblerait s’anéantir. L’âme de ces insectes (car chaque animal a la sienne) est trop bornée pour comprendre les métamorphoses de la Nature. Jamais un seul des plus rusés d’entre eux n’eût imaginé qu’il dût devenir papillon. II en est de même de nous. Que savons-nous plus de notre destinée que de notre origine ? Soumettons-nous donc à une ignorance invincible, de laquelle notre bonheur dépend.

Knoppix User 2003-05-29