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J’en appelle à la bonne foi de nos observateurs. Qu’ils nous disent s’il n’est pas vrai que l’homme dans son principe n’est qu’un ver qui devient homme, comme la chenille papillon. Les plus graves8 et tant d’autres auteurs nous ont appris comment il faut s’y prendre pour voir cet animalcule. Tous les curieux l’ont vu, comme Hartsoeker, dans la semence de l’homme, et non dans celle de la femme ; il n’y a que les sots qui s’en soient fait scrupule. Comme chaque goutte de sperme contient une infinité de ces petits vers, lorsqu’ils sont lancés à l’ovaire, il n’y a que le plus adroit ou le plus vigoureux qui ait la force de s’insinuer et de s’implanter dans l’\oeuf que fournit la femme, et qui lui donne sa première nourriture. Cet \oeuf quelquefois surpris dans les trompes de Fallope, est porté par ces canaux à la matrice, où il prend racine, comme un grain de blé dans la terre. Mais quoiqu’il y devienne monstrueux par sa croissance de 9 mois, il ne diffère point des \oeufs des autres femelles, si ce n’est que sa peau (l’amnios) ne se durcit jamais et se dilate prodigieusement, comme on en peut juger en comparant le foetus trouvé en situation et près d’éclore (ce que j’ai eu le plaisir d’observer dans une femme morte un moment avant l’accouchement) avec d’autres petits embryons très proches de leur origine; car alors c’est toujours l’oeuf dans sa coque, et l’animal dans l’oeuf qui, gêné dans ses mouvements, cherche machinalement à voir le jour; et, pour y réussir, il commence par rompre avec la tête cette membrane, d’où il sort, comme le poulet, l’oiseau, etc., de la leur. J’ajouterai une observation que je ne trouve nulle part, c’est que l’amnios n’en est pas plus mince, pour s’être prodigieusement étendu ; semblable en cela à la matrice dont la substance même se gonfle de sucs infiltrés, indépendamment de la réplétion et du déploiement de tous ses coudes vasculeux.
Knoppix User 2003-05-29