Pourquoi la vue ou la simple idée d’une belle femme nous
cause-t-elle des mouvements et des désirs singuliers ? Ce qui se passe alors
dans certains organes, vient-il de la nature même de ces organes ? Point du
tout ; mais du commerce et de l’espèce de sympathie de ces muscles avec
l’imagination. Il n’y a ici qu’un premier ressort excité par le bene
placitum des Anciens, ou par l’image de la beauté qui en excite un autre,
lequel était fort assoupi, quand l’imagination l’a éveillé : et comment cela, si
ce n’est dans le désordre et le tumulte du sang et des esprits, qui galopent
avec une promptitude extraordinaire, et vont gonfler le corps caverneux ?
Knoppix User
2003-05-29