des \textit{cathédrales invisibles}.


De fait, la page imprimée deviendra le module de nouveaux édifices 
de mémoire. 

L'évolution de l'impression des textes, des textes sacrés notamment, 
témoigne de l'émergence d'une nouvelle architecture devenant 
progressivement visible et intersubjective.  

\subsection{La segmentation du texte}
Ayant pour objectif premier de reproduire fidèlement les manuscrits, 
les premiers imprimeurs n'ont pas apporté de modification à leur  
présentation. 

L'étude critique des textes bibliques menée pendant la Renaissance 
semble être à l'origine de la segmentation moderne des textes \cite{Frey}.

\subsubsection{Les segmentations antiques}
Les premiers manuscrits ne comportent pas d'espace entre les mots ; la
ponctuation y est exceptionnelle {\textit{(scriptio continua)}}. Ils ne montrent 
aucune marque de 
division sémantique.
La segmentation du texte a longtemps obéi à une seule 
contrainte : la largeur des feuillets amenant le copiste à effectuer des 
retours à la ligne et à marquer 
des césures. Le texte est encore la transcription d'un récit oral 
dont la linéarité est artificiellement interrompue par les dimensions 
du support d'écriture.

\begin{description}
\item{\textit{La stichométrie.}} La segmentation des textes en 
\textit{stichos} 
est observable sur certains codices. Le stichos correspondait à une 
une ligne type égale à la longueur d'un alexandrin.
La segmentation d'un texte en stichos aurait servi d'une part à calculer 
le salaire des copistes, et d'autre part à contrôler l'exactitude des  
copies réalisées. Il existait des relevés stichométriques indiquant le
nombre de stichoi de chaque livre biblique. Ainsi, on comptant les 
stichoi d'une copie on pouvait déterminer si celle-ci comportait ou non 
des erreurs. 

\item{\textit{La colométrie.}} Avec la colométrie apparaît une disposition 
du texte obéissant à un critère sémantique. 
Selon B.{\sc Botte}, repris par 
 {\sc Frey}, 
<< la disposition colométrique
-- per cola et commata -- est au contraire une disposition qui regroupe  
en courtes lignes les mots qui doivent être unis dans la lecture. 
Le \textbf{codex de Bezae} est un des plus anciens manuscrits en 
colométrie >>.
Le texte est alors divisé en strophes marquées par des alinéas 
dont l'initiale déborde dans la marge. 

Certains manuscrits 
(\textbf{Alexandrinus} et \textbf{Vaticanus}) disposent le texte en 
regroupant plusieurs stophes à l'intérieur d'un chapitre
(\textit{capitula} en latin,