Les segmentations antiques

Les premiers manuscrits ne comportent pas d'espace entre les mots ; la ponctuation y est exceptionnelle (scriptio continua). Ils ne montrent aucune marque de division sémantique. La segmentation du texte a longtemps obéi à une seule contrainte : la largeur des feuillets amenant le copiste à effectuer des retours à la ligne et à marquer des césures. Le texte est encore la transcription d'un récit oral dont la linéarité est artificiellement interrompue par les dimensions du support d'écriture.
La stichométrie. La segmentation des textes en stichos est observable sur certains codices. Le stichos correspondait à une une ligne type égale à la longueur d'un alexandrin. La segmentation d'un texte en stichos aurait servi d'une part à calculer le salaire des copistes, et d'autre part à contrôler l'exactitude des copies réalisées. Il existait des relevés stichométriques indiquant le nombre de stichoi de chaque livre biblique. Ainsi, on comptant les stichoi d'une copie on pouvait déterminer si celle-ci comportait ou non des erreurs.
La colométrie. Avec la colométrie apparaît une disposition du texte obéissant à un critère sémantique. Selon B.BOTTE, repris par FREY, « la disposition colométrique - per cola et commata - est au contraire une disposition qui regroupe en courtes lignes les mots qui doivent être unis dans la lecture. Le codex de Bezae est un des plus anciens manuscrits en colométrie ». Le texte est alors divisé en strophes marquées par des alinéas dont l'initiale déborde dans la marge. Certains manuscrits (Alexandrinus et Vaticanus) disposent le texte en regroupant plusieurs stophes à l'intérieur d'un chapitre (capitula en latin, kephalaion en grec). Les chapitres comportent des titres titloi ou tituli étant soit placés au début de chaque section, soit groupés en tête du document pour en former le sommaire. Quand une numérotation apparaît, elle porte sur les césures plutôt que sur les chapitres.
Knoppix User 2003-05-29