10. Lecture libre

Cette méthode consiste à lire le Traité en suivant une logique qui ne repose ni sur la numérotation des propositions, ni sur l'ordre chronologique. Il peut s'agir, par exemple, d'un parcours suivant lequel le lecteur va d'une proposition comportant un mot-clé vers d'autres propositions comportant ce même mot. On peut ainsi extraire quelques propositions dont la beauté aura frappé :
7. -- Ce dont on ne peut parler, il faut le taire. 6.522 -- Il y a assurément de l'inexprimable. Celui-ci se montre, il est l'élément mystique. 5.63 -- Je suis mon (propre) monde. (Le microcosme.) 5.6 -- Les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde. 4.002 -- L'homme possède la faculté de construire des langages, par lesquels chaque sens peut s'exprimer, sans avoir nulle notion ni de la manière dont chaque mot est exprimé, ni de celle de ce qu'il signifie. -- De même l'on parle sans savoir comment sont émis les sons particuliers de la parole.
Le langage quotidien est une partie de l'organisme humain, et n'est pas moins compliquée que ce dernier.
Il est humainement impossible d'en extraire immédiatement la logique du langage.
Le langage travestit la pensée. Et notamment de telle sorte que d'après la forme extérieure du vêtement l'on ne peut conclure à la forme de la pensée travestie ; pour la raison que la forme extérieure du vêtement vise à toute autre chose qu'à permettre de reconnaître la forme du corps.
Les arrangements tacites pour la compréhension du langage quotidien sont d'une énorme Complexcité.
Knoppix User 2003-05-29