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    pdftitle={L'Unique Trait de Pinceau},
    pdfauthor={\textcopyright\ Shitao},
    pdfkeywords={PHILOSOPHIE PEINTURE CHINE},
    pdfcreator={LaTeX - HYPERREF package}}
 
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\title{L'Unique Trait de Pinceau}
\author{\sc Shitao 1642 -- 1707}
\date{\textcopyright\ {\fontfamily{hlh}\selectfont\ Le
PI@NOTYPE 2002}}
 
\maketitle 
 
 
Dans la plus haute Antiquité, il n'y avait pas de règles ; la
Suprême Simplicité ne s'était pas encore divisée.
 
Dès que la Suprême Simplicité se divise, la règle s'établit.
 
Sur quoi se fonde la règle ? La règle se fonde sur l'Unique
Trait de Pinceau.
 
L'Unique Trait de Pinceau est l'origine de toutes choses, la
racine de tous les phénomènes ; sa fonction est manifeste pour
l'esprit, et cachée en l'homme, mais le vulgaire l'ignore.
 
C'est par soi-même que l'on doit établir la règle de l'Unique
Trait de Pinceau.
 
Le fondement de la règle de l'Unique Trait de Pinceau réside
dans l'absence de règles qui engendre la Règle ; et la Règle ainsi
obtenue embrasse la multiplicité des règles.
 
La peinture émane de l'intellect : qu'il s'agisse de la beaut‚ des monts, fleuves, personnages et choses, 
ou qu'il s'agisse de l'essence et du caractère des oiseaux, des bêtes, des herbes et des arbres, 
ou qu'il s'agisse des mesures 
et proportions des viviers, des pavillons, des édifices et des esplanades, 
on n'en pourra pénétrer les raisons ni épuiser les aspects variés, 
si en fin de compte on ne possède cette mesure immense de l'Unique Trait de Pinceau.
 
Si loin que vous alliez, si haut que vous montiez, il vous faut
commencer par un simple pas. Aussi, l'Unique Trait de Pinceau
embrasse-t-il tout, jusqu'au lointain le plus inaccessible et sur dix mille millions de coups de pinceau, 
il n'en est pas un dont le commencement et l'achèvement ne résident finalement dans cet Unique Trait de Pinceau 
dont le contrôle 
n'appartient qu'à l'homme.
 
Par le moyen de l'Unique Trait de Pinceau, l'homme peut restituer en miniature une entité 
plus grande sans rien en perdre :
du moment que l'esprit s'en forme d'abord une vision claire, le pinceau ira jusqu'à la racine des choses.
 
Si l'on ne peint d'un poignet libre, des fautes de peinture s'ensuivront ; et ces fautes 
à leur tour feront perdre au poignet son aisance inspirée. 
Les virages du pinceau doivent être enlevés d'un mouvement, et l'onctuosité doit naître 
des mouvements circulaires, 
tout en ménageant une marge pour l'espace. 
Les finales du pinceau doivent être tranchées, et les attaques incisives. 
Il faut être également habile aux formes circulaires ou angulaires, droites et courbes, 
ascendantes et descendantes ; 
le pinceau va à gauche, à droite, en relief, en creux, brusque et résolu, il s'interrompt abruptement, 
il s'allonge en oblique, 
tantôt comme l'eau, il dévale vers les profondeurs, tantôt il jaillit en hauteur comme la flamme, 
et tout cela avec naturel 
et sans forcer le moins du monde.
 
Que l'esprit soit présent partout, et la règle informera tout ; que la raison pénètre partout, 
et les aspects les plus variés 
pourront être exprimés. S'abandonnant au gré de la main, d'un geste, on saisira l'apparence formelle 
aussi bien que 
l'élan intérieur des monts et des fleuves, des personnages et des objets inanimés, 
des oiseaux et des bêtes, des herbes et des arbres, 
des viviers et des pavillons, des bâtiments et des esplanades, on les peindra d'après nature 
ou l'on en sondera la signification, 
on en exprimera le caractère ou l'on en reproduira l'atmosphère, on les révèlera dans leur totalité 
ou on les suggérera elliptiquement.
 
Quand bien même l'homme n'en saisirait pas l'accomplissement, pareille peinture répondra 
aux exigences de l'esprit.
 
Car la Suprême Simplicité s'est dissociée, aussi la Règle de l'Unique Trait de Pinceau s'est établie. 
Cette Règle de l'Unique Trait de Pinceau une fois établie, l'infinité des créatures s'est manifestée. 
C'est pourquoi il a été dit : <>.
 
\end{document}