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Sur la question qui renferme la destinée de l’Europe, la question de la guerre, désaccord. L’ardeur belliqueuse des Prolétaires est soutenue par l’héritage de la gloire militaire de la République et de l’Empire, qui appartint à leurs pères, soutenue par le désir de changement habituel à ceux qui souffrent, par la perspective de la chance des batailles, où tout est pesé à sa valeur et où l’égalité subsiste dans toute sa justice et toute son étendue; le salaire de leurs familles, réduit au strict nécessaire, ne peut diminuer; peu leur importe que la richesse, au lieu de se consommer dans les salons, aille se consommer dans les camps, et même les armées, en créant des débouchés nouveaux, doivent fournir du travail et ranimer l’industrie. D’ailleurs, les Prolétaires savent bien qu’entre les peuples et les rois il n’y a point d’alliance possible, et que, pour trouver appui à leur république en Europe, il faut en chasser la servitude et affranchir les nations étrangères. Les Bourgeois se soucient peu de la guerre : la Restauration fut leur époque la plus florissante et la plus belle ; tranquilles dans la jouissance de leurs biens, ils doivent redouter, par-dessus toutes choses, de voir la richesse nationale, quittant son cours habituel qui la portait vers eux, aller entretenir l’exorbitante consommation des armées. D’ailleurs, grâce au roi quasi-légitime qu’ils ont assis sur le trône que les Prolétaires avaient brisé, ils ont pu rétablir avec les princes une sorte d’alliance ; et leurs ambassadeurs, quoique reçus dans les cours étrangères comme les marchands chez les seigneurs, trouvent accueil cependant et nouent les liaisons diplomatiques de la France avec celles de la Russie et de l’Autriche. Le retour au régime de la Restauration, émané il y a quinze ans du consente ment des potentats de l’Europe, est donc ce qui convient à leur intérêt.
Knoppix User 2003-05-29