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Je nomme Prolétaires les hommes qui produisent toute la richesse de la Nation, qui ne possèdent que le salaire journalier de leur travail et dont le travail dépend de causes laissées en dehors d’eux, qui ne retirent chaque jour du fruit de leur peine qu’une faible portion incessamment réduite par la concurrence, qui ne reposent leur lendemain que sur une espérance chancelante comme le mouvement incertain et déréglé de l’industrie, et qui n’entrevoient de salut pour leur vieillesse que dans une place à l’hôpital ou dans une mort anticipée. Je nomme Prolétaires les Ouvriers des villes et les Paysans des campagnes, soixante mille hommes qui font de la soie à Lyon, quarante mille du coton à Rouen, vingt mille du ruban à Saint tienne, et tant d’autres pour le dénombrement desquels on peut ouvrir les statistiques ; l’immense population des villages, qui laboure nos champs et cultive nos vignes, sans posséder ni la moisson ni la vendange; vingt-deux millions d’hommes enfin, incultes, délaissés, misérables, réduits a soutenir leur vie avec six sous par jour. Voila ce que je nomme Prolétaires 1.

Knoppix User 2003-05-29