Il était évident qu’un Gouvernement issu de la Classe Bourgeoise ne devait, au dedans et au dehors,
représenter d’autre intérêt que celui de cette classe. C’est ce que, depuis Juillet,
malgré la clameur universelle, il a exécuté avec une sévère et imperturbable logique;
c’est ce qui a fait sacrifier la République à la Quasi-Restauration; c’est ce qui a fait
sacrifier l’honneur du nom français, le sang de la Pologne, la liberté de l’Espagne et de
l’Italie à l’exigence et au despotisme des rois; c’est ce qui a fait sacrifier toute amélioration
du sort de la classe ouvrière à l’étroit égoïsme de la Classe Bourgeoise, sacrifier aux
menues fantaisies d’un fils de roi la somme destinée à l’éducation des fils de cent
mille prolétaires; c’est ce qui a maintenu l’impôt sur les boissons et sur le sel, et
rejeté les blés étrangers par-delà nos frontières ; c’est ce qui a ouvert nos provinces
aux insolentes violences des Carlistes, troublé nos villes aux éclats de la voix des
Prolétaires se frayant une issue sur les places publiques, souillé nos régiments du
sang des citoyens, et répandu de toutes parts sur le sol ces étincelles qui allument
la guerre civile au sein des nations. Et si l’on vient citer le don de la liste civile
et la proposition des céréales pour prétendre que le gouvernement n’a pas toujours strictement
agi dans l’intérêt de la classe dont il était issu, je dirai que, dans les douze millions donnés
à Philippe, je vois le Bourgeois courtisan essayant de faire briller avec de l’or son trône
quasi-royal, et dans l’importation des blés le Bourgeois prévoyant craignant d’éveiller la colère
du peuple et les émeutes de la famine.
Knoppix User
2003-05-29