Sans doute, si l’imprudence des rois enveloppe l’Europe dans la mêlée et ouvre de nouveau la
lice pour le duel à mort des sujets et des maîtres, il sera question de batailles et non
pas d’industrie, et la puissance du nombre devra seule avoir le droit et la domination;
les théories d’harmonie et d’organisation seront pour le jour où il ne s’agira plus de vaincre
ou de mourir, et la Presse, semblable à la prudente déesse des combats se jetant dans l’arène
sanglante, n’aura plus à verser d’autre lumière que celle qui allume l’incendie, ni à enseigner
d’autre parole que celle qui éveille le tocsin des villages et fait lever les baïonnettes des campagnes.
Mais jusque-là faut-il demeurer insouciant ou immobile? Ne faut-il pas indiquer la raison
profonde de cette politique anti-nationale qui, depuis deux ans, suit son cours en dépit de
la résistance et des protestations? Ne faut-il pas faire que la Classe Prolétaire puisse parler
à son tour et chercher remède à cette misère dont nul de ses maîtres n’a souci ? Ne faut-il pas
que l’Europe apprenne que le Grand Peuple n’est point mort, et que si elle ne reconnaît
plus ni ses traits ni sa voix, c’est que quelques Bourgeois ne sont pas son image ?
Knoppix User
2003-05-29